Formation du Conseil 1892

Charité, Unité, Fraternité, Patriotisme

Les Chevaliers de Colomb...Raconté par Mgr. Paul Labelle

 

Même les Chevaliers de Colomb

Eux aussi sont montés sur scène par un beau soir de mai. Ils ont interprété "l'Écossais de Chaton", puis "Les femmes qui pleurent", mais, paraît-il, avec le concours d'artiste...de Montréal.

Ah! Ces chers Chevaliers, il faut en parler plus longuement, puisque le Conseil vient justement d'être fondé.

Les Chevaliers de Colomb

Je les connais. Je connais leur longue histoire, leur signe, leurs secrets, leurs intiations aussi, mais pour parler de la fondation de leur Conseil (Conseil 1892). J'ai préféré m'adresser à un vieux Chevalier d'avant 1918, à l'un de ceux qui, dans le plus grand secret, ont manigancé l'apparition de cet Ordre dans Saint-Jérôme. M. Fabien-A. Desjardins. Il était dans le temps à l'emploi du Canadien Pacifique comme chef de gare à Saint-Janvier et il était capable d'une pareille chose. Il était Chevalier depuis deux ans, et il appartenait au Conseil de St-Eustache. « Un jour, dit M. Fabien Desjardins, un député de District de Montréal me téléphone et m'invite à me rendre à Saint-Jérôme, tel soir , à telle adresse. Il sera lui-même sur le train du soir. Daniel Gannon, un Chevalier du Conseil Canada ( un conseil irlandais), était à bord du même train, qui était aussi «le train de lait», c'est-à-dire le train qui ramassait les bidons de lait...Il me fait monter avec lui, me présente au Député de District, et ensemble nous nous rendons au Celcle St-Antoine, sur la rue Labelle, en face du Dr Marleau. Nous nous retrouvons là cinq Chevaliers initiés déjà dans différents Conseils : M. Arthur Flanagan (du conseil de Guelph, Ont.), qui était à l'emploi de la Dominion Rubber, Me Joseph Plessis-Bélair (du conseil de Saint-Eustache), M. Olivier Rolland, M. Gannon et moi-même. On parle de fondation possible dans Saint-Jérôme où déjà quelques hommes sont initiés : des membres appartenant aux Conseil de Granby, Guelph, Saint-Eustache, Saint-Henri et Lafontaine (de Montréal)...Si on fondait un Conseil à nous! On en parle, on jette les yeux sur d'éventuels candidats, on pense aux messieurs Rolland - Henry St-Jean - et à bien d'autres, sans oublier notre ineffable maire, J.-Absalon Legault, qui nous fera certes un bon candidat!»

«Nous nous sommes rencontrés plusieurs fois. Je venais à Saint-Jérôme, et bien souvent je couchais dans le wagon à bagages (et j'étais bien couché!) et le lendemain par le même train je retournais à mon ouvrage».

Les Premièrs embrigadés

Naturellement, quand on parle « Chevaliers » on parle « initiations ». La première de toutes, avec 48 candidats, eut lieu au Conseil St-Henri, sur la rue Laporte à Montréal, le 26 janvier 1918.

Emballés, les initiés font du recrutement, et le 17 février une trentaine d'autres subissent les épreuves des trois degrés. Un seul, je crois, survit, c'est Édouard Robert, qui fut longtemps à l'emploi du Gouvernement, au palais de justice de Saint-Jérôme.

«Me permettez-vous une petite anecdote?» - Volontiers, M. Desjardins, pourvu que vous soyez bien discret sur...nos secrets ! - Ah! Pour ça, pas de danger. Je voulais vous dire qu'on avait conduit les candidats à Montréal par le train et qu'on les avaient ramenés de la même manière. Disons mieux, pour le retour M. Gannon avait eu l'amabilité de mettre à la disposition des « nouveaux » un wagon spécial, histoire de les laisser seuls et de leur permettre de parler plus à l'aise, sans oreille indiscrète, de la grande aventure ».

Le premier local

Le 22 février 1918 un Conseil se fondait à Saint-Jérôme même, avec 80 membres, et se voyait attribuer le numéro 1892. Et les Chevaliers louèrent pour leur réunion des pièces en haut du magasin du notaire Parent, sur la rue Saint-Georges. C'est là qu'eurent lieu les élections de fondation, sous la présidence de Fr. Louis Fontaine, Député de District. Et on eut la bonne idée d'élire Grand Chevalier M. Arthur Flanagan, un bon irlandais très mêlé à la vie jérômienne. Il venait de Guelph Ont.. et il avait été envoyé ici lors de l'ouverture de la Dominion Rubber où il a travaillé, avec un autre compagnon bien sympatique M. R.- W. Kramer. L'aumônier du Conseil 1892, nouvel initié lui aussi, était l'abbé Rosaire Garon, bien connu de la vieille génération.

Oeuvres des C. de C.

Dès leur fondation, les Chevaliers de Colomb se sont signalés à l'intention des Jérômiens par leur esprit d'entreprise, leurs organisations, et ce, toujours dans un but non-lucratif.

Fondés il y a à peine quelques mois, ils sont déjà à la tête d'une oeuvre qui va contribuer à les faire mieux connaître et à les faire apprécier dans la population Jérômienne : l'oeuvre des huttes de guerre.

Abris pour nos soldats

Depuis les débuts de cette guerre de 1914, il s'est créé un peu partout un mouvement de charité à l'endroit de nos soldats canadiens. On a vu s'organiser des tombolas, des «scéances », des collectes de toutes sortes. À travers le Canada, les Chevaliers de Colomb organisent une grande campagne dans le but de recueillir la somme de 500 000,00$. Le Conseil 1892 vient d'emboîter le pas et veut faire largement da part dans les trois comtés qui lui sont assignés : Terrebonne, Labelle et Argenteuil. Des « Tag-days » seront organisés dans les différentes localités et un appel à la générosité sera fait dans chacune des paroisses.

À l'église de Saint-Jérôme, ce dimanche 22 septembre 1918,
on a recueilli la somme de 700,00$.

Accueil

Retour au Conseil

Page suivante